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Une embuscade dans les Aurès, un ouvrage d’Anne Guillou

19 avril 2019

Editions Skol vreizh, 2018

Voilà un moment que je souhaitais lire un des ouvrages écrits par Anne Guillou

Sociologue de renom et écrivaine reconnue, elle a parcouru le monde africain, œuvrant particulièrement au Bénin et à Madagascar et s’intéressant aux conditions des femmes. A son retour en Bretagne, elle a créé le département de sociologie à Brest.

Elle montre beaucoup d’intérêt aux autres et, par l’écriture, elle ressuscite dans Noce maudite le parcours d’une femme paysanne, maltraitée, infanticide, guillotinée en 1844. Dans Terres de promesses, elle relate l’exil de paysans bretons partis pour l’Aquitaine dès 1926, en quête d’une vie meilleure.

J’aurais pu diriger mon choix vers son ouvrage La manufacture  des tabacs, Edit Skol Vreizh, qui a reçu le prix Camille Mercier d’Erm en 2009.

Alors, pourquoi avoir opté pour son dernier, Une embuscade dans les Aurès ?

Aux premières lignes de la quatrième de couverture, on pourrait penser qu’il s’agit d’une étude sociologique précise mais à la sixième ligne, on connaît ce qui lie Anne Guillou au sujet : elle est la fiancée du jeune homme Raymond, sous-lieutenant formé à St Cyr. Le « je » de Anne Guillou est alors omniprésent. Elle dévoile ce qu’elle a gardé des années durant, bien secrètement au fond de son cœur. Elle parle d’elle, nous livre ses ressentis avec une extrême sensibilité. Grâce à son écriture sur le sujet, elle semble naître une troisième fois.

En effet, son enfance semble guidée par sa famille, empreinte d’une grande religiosité. Jeune fille, elle semble apprendre sans véritablement comprendre. Son avenir est tracé : elle va se fiancer avec Raymond juste avant son départ pour l’Algérie et l’épousera à une prochaine permission. Le jeune militaire n’aura pas le temps de joindre son poste qu’il va succomber dans une embuscade tendue par les « rebelles ». Le drame fait vaciller Anne : en la lisant, on entend sa peine, sa résignation, on l’accompagne sur son chemin d’errance, sur son envie de rentrer dans les ordres. Quelques personnes vont alors la dissuader et la guider vers un autre avenir. Une chance dans le malheur ? C’est sa seconde naissance.

Dans ce récit, Anne Guillou semble parfois nous parler à l’oreille pour délivrer ses confidences, parfois elle alterne avec justesse des faits et des analyses de la situation de l’époque. Son ouvrage donne un éclairage particulier sur le conflit algérien, resté souvent sous la chape de plomb scellée par les intéressés. Anne Guillou le réalise avec un regard cette fois bienveillant, éclairé et distancié.

L’écriture est fine, sobre, ciselée mais sans artifice inutile. Sans chagrin, apaisée, tendre, elle semble poser sa besace de jeunesse et de malheur avec délicatesse sur le chemin de la sagesse, pour cette fois, naître une troisième fois.

Faut-il donc toujours mourir un peu pour renaître, non pas à nouveau, mais nouveau ?

Un ouvrage que je conseille fortement.

Editions Skol vreizh, 2018

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Le sang d’Ossian

16 avril 2019

Le sang d’Ossian par @ericbertrand, Morvenn Editions

Eric Bertrand ne nous avait pas habitués à ce genre d’écriture :après de nombreuses pièces de théâtre, de romans, de nouvelles, d’études à fins pédagogiques, il nous livre son premier roman. Cependant, dans quelques-uns de ses écrits comme dans celui-ci, on y retrouve un attachement au nord de l’Ecosse ; souvent, il nous a donné à voir les paysages féériques de Blue Skye mais cette fois il nous sort, de tiroirs successifs, des histoires inquiétantes que l’on sait d’emblée liées à la  grande Histoire écossaise.

En fin connaisseur des Highlands, non loin d’Inverness, Eric Bertrand nous invente une série sanglante. La vallée de Glencoe, la plage de Talmin, le lac du Lochness, le site des pierres levées de Stennen, les rivages de Caithness, tous ces lieux sont en proie à d’étranges crimes et disparitions. Leur point commun ? Le 21 juin, jour de solstice d’été.

L’auteur nous perd volontairement dans cette accumulation de lieux, dans ces promenades estivales qui se terminent mal. Le lecteur ressent l’inquiétude des temps et des lieux mais l’auteur attend encore pour nous éclairer.

Comment cette femme a-t-elle pu tomber de la falaise ? De quoi cette autre jeune femme, Judith, studieuse étudiante en médecine, en drague d’un soir, succombe-t-elle ? Comment se fait-il qu’on retrouve Mark, un jeune garçon venu avec un groupe de jeunes aux envies de mystères, le crâne fracassé dans un cachot alors qu’il courait à la vie ?

L’inspecteur Mackintosh lui-même semble désemparé devant ces découvertes successives ; il lui faudra l’aide de Mona, réputée vieille sorcière, descendante du vieux clan écossais Mac Léod, elle seule capable de détisser les mystères cachés dans le patchwork de l’Histoire.

Dans ce Farnorth de l’Ecosse, Eric Bertrand fait mijoter le lecteur dans la marmite de l’inquiétante terreur estivale. Horror ! Ce dimanche 21 juin si sanglant !

Au décodage des faits, MacKintosh bien aidé par Mona la « détisseuse » d’Histoire, nous apprend qu’un cerveau, du nom de Mac Aroni, du surnom d’Ossian, manipule à distance une bande de malfrats pour un projet sanguinaire : c’est le club de Fingal. Celui-ci a pour intention de reconquérir l’âme de l’Ecosse, celle que les anglais lui ont enlevée à la bataille de Glencoe en 1692 et à celle de Culloden en 1746.

Recréer l’âme, retrouver la langue, réinitier l’identité profonde, tout cela en faisant resurgir le sang là où il avait déjà coulé. Mais à quelles fins si bien dissimulées et si horriblement programmées par Mac Aroni, dit Ossian ?

Le livre résonne de noms de lieux d’Ecosse, de noms de famille, chers à l’auteur. Il nous emmène et nous perd parfois dans ces Hihglands, volontairement sans doute, pour nous ramener tout près du fil de Mona, dans la lumière particulière de l’île de Skye, cette lumière qui, elle seule, peut éclairer le lecteur sur les clans Campbell, le clan Cumberlan et le clan rival le clan Mac Ian et le prétendant à la couronne écossaise, Bonnie Price Charlie.

A lire et relire, pour bien découvrir toutes les richesses de cet ouvrage.

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Prix carnets de voyage de l’association des écrivains de Bretagne

18 février 2019

 

 

PRIX DU CARNET DE VOYAGE AEB 2020
Sous la présidence d’honneur
de l’artiste peintre Françoise Baume*
Le prix du carnet de voyage AEB est ouvert à tout écrivain-artiste- voyageur francophone de plus de 18 ans et aux éditeurs qui souhaitent promouvoir leur(s) carnettiste(s).
Le carnet de voyage sera édité entre le 1er janvier 2015 et le 30 septembre 2019.
L’ouvrage sera disponible à l’achat en points de vente du livre ou auprès de l’auteur ou de l’éditeur. (Pas d’ouvrage épuisé)
Le voyage, sans limites de durée, doit être réellement effectué (pas de fiction) en France, en Europe ou sur d’autres continents.
Il mettra en valeur la volonté de l’auteur à partager sa passion pour le voyage, lointain ou proche, au travers d’un carnet de voyage rédigé en français et illustré au choix de photos couleur ou noir et blanc, de dessins au crayon, d’encre de Chine, d’aquarelle, de gouache, de collages… ou autres modes d’expression faisant appel à la créativité et la sensibilité du candidat.
Sous une couverture comportant le titre du voyage, les noms de l’auteur et de l’éditeur et une mise en page (20 pages recto/verso minimum) soigneusement organisée, le carnet de voyage comportera au moins 30% de texte de bonne qualité orthographique et stylistique.

Ce carnet de voyage reflètera le goût de la découverte, l’esprit de curiosité, l’enthousiasme pour la rencontre et la nouveauté, les coups de cœur et autres sources d’émotions.
Le carnet de voyage en candidature ne sera pas déjà primé.
Les ouvrages en autoédition sont acceptés s’ils répondent aux critères de sélection.
Les ouvrages en version numérique ne sont pas acceptés.
Trois auteurs de carnets de voyage seront nominés, dont le lauréat sera dévoilé le jour de la remise du prix au cours d’une journée consacrée au voyage, courant du 1er semestre 2020 en Bretagne (lieu et date à déterminer ultérieurement).
Les trois nominés seront récompensés à hauteur de :
1000€ pour le lauréat – 500 € pour chacun des deux autres finalistes.
Le jury composé d’auteurs et d’artistes jugera de la qualité du texte et des illustrations, de l’originalité de la conception et de l’esprit d’inventivité, mais aussi de la volonté de partage dont a fait preuve l’auteur.
Pour concourir, il faut adresser deux exemplaires du carnet de voyage, accompagnés du bulletin de participation (en fin de règlement) complété, daté et signé, à :
Patricia Guillemain
Prix du Carnet de voyage 12B, rue de Poul ar manchec 29241 – LOCQUIREC
Date limite d’expédition des ouvrages : 31 octobre 2019
Les candidats autorisent l’AEB à utiliser librement et à titre de communication faite autour du « Prix du Carnet de voyage AEB 2020 » (sans but commercial), les nom, prénom, photo et extraits de l’ouvrage avec autorisation de l’éditeur, sans contrepartie financière.
Les ouvrages primés figureront sur le site de l’AEB http://www.ecrivainsbretons.org à la rubrique « Prix littéraires »
Pour tout renseignement : guillemain.pat@wanadoo.fr

Françoise Baume
Artiste peintre et carnettiste, Françoise Baume est née en 1945 à Paris.
Elle effectue des études dans une école d’Art à Paris avant d’exercer le métier de graphiste en Agence de publicité chez Kodak-Pathé. Ensuite elle s’installe en free-lance.
Quelques années plus tard, son goût originel pour le dessin se ranime naturellement quand, à la demande de grands éditeurs comme Gallimard,
Ouest-France et le Rouergue/Actes-Sud, elle réalise plusieurs carnets de voyage.
Actuellement, elle partage sa vie entre Paris et Guimaëc (Nord-Finistère) pour se ravir pleinement de la beauté d’un environnement qui lui est cher au cœur et à l’œil. Source permanente d’inspiration, la Bretagne lui offre multiples occasions pour user d’aquarelle et d’encre de Chine et en restituer toutes les richesses, comme celles de la Baie de Morlaix.
Françoise Baume participe chaque année aux salons de peinture de Guimaëc, Locquirec et Saint-Jean-du-Doigt. En 2019, elle exposera également en d’autres salons du Nord-Finistère, son talent lui valant des invitations pour des expositions de belle renommée.
Par ailleurs, elle adore croquer sur le vif des portraits d’inconnus croisés au hasard des transports, des haltes (jardins, plage, etc.). Peut-être un album à la clé ?
Vous pouvez la retrouver sur http://francoisebaume.ultra-book.com
Bibliographie :
Les lacs du Massif central – Éditions Gallimard
Toulouse, la ville en rose – Paris en Seine – Illustrations de nombreux livres de cuisine – Editions Ouest-France
Uzerche Perle du Limousin – Carnets de musées parisiens – Éditions Rouergue/Actes-Sud

BULLETIN DE PARTICIPATION PRIX DU CARNET DE VOYAGE AEB 2020
NOM :
PSEUDONYME S’IL Y A LIEU : Date de naissance :
ADRESSE POSTALE :
Tél. fixe :
e-mail (en caractères bien lisibles) :
TITRE DE L’OUVRAGE PRÉSENTÉ : NOM DE L’ÉDITEUR :
N° ISBN :
DATE DE PARUTION :
PRÉNOM :
Comment avez-vous connu le Prix du Carnet de voyage :
« Ma participation au concours implique l’acceptation totale et sans réserve du règlement établi sur le site de l’AEB, ainsi que des décisions du jury qui seront sans appel, ceci en accord avec mon éditeur.
Je certifie sur l’honneur que l’ouvrage en candidature est toujours disponible sur le marché du livre ».
Date : Signature :
Tél. portable :

Le récent ouvrage de Eric Bertrand The road, taper la route!

12 février 2018

 

Qu’est-ce qui peut amener un écrivain à reprendre un premier récit et à lui donner une seconde vie ? C’est vrai que l’on n’écrit pas comme il y a 25 ans, mais encore ?

L’auteur Eric Bertrand s’est-il lancé trois défis ?

Le premier serait de faire revivre son aventure, la traversée des Etats-Unis par deux jeunes étudiants : c’est l’appel de la route raconté dans « la route, la poussière, le sable ».

Kérouac leur chuchotait aux oreilles d’aller conquérir la « road des Etats-Unis ». C’était comme une jeune fille sensuelle, elle était devenue trop séduisante, ils n’allaient pas résister à l’appel du bitume !

Les deux jeunes garçons sûrement en mal d’aventures, projettent de dévorer l’inconnu coûte que coûte ! La route, il fallait à tout prix la manger kilomètre après kilomètre. Ce n’est pas le tour du monde en 80 jours, l’objectif est de faire le tour des Etats-Unis en 33 jours ! Impossible n’est pas un mot pour les jeunes prêts en découdre, prêts à défier toute difficulté, toute autorité. Le pouce est levé malgré les interdictions de le faire en cette Amérique ! A chaque embarquement, c’est la surprise, les cavaliers de la route avalent le bitume, mangent leur naïveté au prix de la prison, crispent leurs estomacs à l’eau métallique, digèrent leur envie de vengeance au fil de rencontres les plus hasardeuses. Parfois au volant de voitures américaines, ils emmènent leurs montures pétaradantes par delà les vallées et les plateaux arides et les déserts, côtoyant d’un moment à l’autre, au fond de camion, sur les trottoirs ou dans des chambres de luxe la richesse et bassesse humaine.

 

« Dans la gourde l’eau devenait amère et métallique. Lucky et John attendaient. Ils sentaient en eux le soleil opérer et les rayons, comme des traits de scalpel, travailler la fibre des cheveux, tirer le cuir de la peau et dilater les yeux. Ils devenaient cavaliers de la route, et au passage de chaque voiture, c’était comme s’ils allaient sauter en selle, agripper l’encolure et cravacher. »

 

Eric Bertrand nous fait revivre ce récit au prix d’un second défi. Cette fois, il prend la place d’un jeune lycéen un peu paresseux qui n’a pas d’atomes crochus pour la lecture. Pour une punition, l’ancien aventurier devenu professeur lui demande de lire l’ouvrage et de le présenter à ses camarades. L’élève se prend au jeu et va dépasser la demande professorale en proposant d’améliorer le premier récit un peu désuet à ses yeux, bref en le rendant plus léger, plus virevoltant et même en y ajoutant de la fiction. C’est donc une seconde écriture toute renouvelée du récit : et ça marche, on le relit, on brûle à nouveau sous le soleil, on roule, on roule et on perçoit encore davantage cette folie d’aller à la frontière du réel et du Wild.

 

Et le troisième défi, c’est de nous faire partager par la voix du lycéen et par ses commentaires comment l’écrivain lui-même manie l’écriture : passage du récit au roman, définition des acteurs,… Loin d’être une leçon, la parole du lycéen dans son journal intime nous livre la différence de perception entre le monde actuel et celui de 1983 année de l’aventure des étudiants : « Je continue de me projeter dans l’aventure mais j’éprouve des difficultés à me situer dans un monde où, par exemple, le seul moyen de donner des nouvelles ou d’en recevoir passait par le courrier ou, éventuellement, par le téléphone fixe. Pas de Google Map, pas de GPS…Eric et Pascal se repèrent sur une carte. … Nos deux « petits Frenchies » sont « lâchés » dans la nature, sur le territoire américain, comme des fauves livrés à eux-mêmes, sans collier et sans puce électronique. » C’est donc un regard presque distancié sur deux constituants du livre : sur le fond de l’aventure mais aussi sur la forme de l’écrit que l’on peut choisir à tout moment suivant ce que l’on a à dire.

Et le livre gagne en dynamique tout en gardant la chronologie de l’aventure. Amis lecteurs, avides de récits de voyages, avides de découvrir comment écrire, avides de beaux textes imagés, lisez-le, vous serez happés par l’humour et la dérision.

C’est TAPER LA ROUTE (hit the road) par Eric Bertrand chez Morvenn Editions.

Des voeux !

9 janvier 2018

Déjà le 9 janvier. Eh oui je suis un tardif ! Mais je suis comme les pommes de reinette qui fanent plus tard que les autres dans la saison !
 Tout ceci pour vous dire quand même que 2018 est arrivé ; c’est une nouvelle année mais ce n’est qu’une nouvelle année ! J’ai quand même envie de vous souhaiter (ça c’est facile ) beaucoup de bonnes choses (je suis généreux mais c’est encore plus facile!) ;  alors je vous souhaite une année joyeuse ( je n’ai jamais vu souhaiter le contraire et je ne vais pas commencer aujourd’hui ! Heureuse aussi(bien entendu!) Et une bonne santé (si quelqu’un vous en souhaitait une mauvaise il serait digne du pilori !)
Bref, je vous invite à être riches, bien portants et heureux plutôt que pauvres, malades et malheureux ! Je pense avoir tout dit… non pas encore !
Prenons-nous en main, tournons la poignée de l’avenir avec audace, osons-le au quotidien, tirons le meilleur de nous-mêmes et osons le partager, osons la joie ; oui, le faire seul ne mène pas loin !

neige janvier2010 060

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Demain à Quimperlé

28 novembre 2017

Depuis quelques jours l’ouvrage Voyage au pays des secrets se promène autour de la Bretagne. Après trois journées chaleureuses et un bon accueil à la Fnac de Saint-Brieuc les 23, 24 et 25 novembre, demain il fait route vers Quimperlé. Il sera sur la table de l’espace culturel dès 14h pour vous satisfaire. Vous ne pouvez pas le rater : sa couleur orangée vous clignera de l’œil.

Partage autour d’un livre

6 novembre 2017

affichette présentation genèse d'un livre 001