Salon du livre de Guérande, samedi et dimanche prochain
Samedi et dimanche prochain, je serai présent au sixième salon du livre de Guérande. C’est un plaisir d ‘y retourner, l’accueil ayant été très agréable et chaleureux l’an passé.
Aussi, si vous passez par la Brière, venez faire un petit tour : cette année, le salon est particulièrement consacré aux pays nordiques.
Vous pourrez aussi rencontrer Mona Ozouf le samedi après-midi, rencontrer d’autres écrivains de l’association des écrivains bretons et Solveig qui écrit beaucoup sur les pays du nord.
Paris-Brest de Tanguy Viel
Un roman aux éditions de minuit : une suspicion d’argent détourné, une fortune tardive obtenue par une grand-mère. Ce pourrait être un polar mais non ! C’est le trajet, Paris-Brest ou celui de Brest-Paris qui prend de l’importance, celui d’un départ pour échapper !
C’est surtout l’écriture que j’ai appréciée : un dialogue permanent sans guillemets entre le narrateur, un je et toujours un autre personnage. Avec une vivacité qui rend le roman alerte.
Juste un passage pour vous mettre le mot en bouche :
“Ainsi tu refuses de refermer la parenthèse, disaient les yeux de ma mère ce 20 décembre, mais un jour il faudra bien que tu te rendes à l’évidence, disaient encore les yeux de ma mère, il faudra bien que tu refermes la parenthèse et donc, suggérait-elle intérieurement, que tu reviennes. Dans dix ans, elle attendra encore ce jour où je reviendrai habiter avec eux. Mais ce jour n’arrivera jamais, maman, tu m’entends.” etc
Lévi-Strauss et la liberté ! Encore!Dans nos villes et nos campagnes !
Je vous avais promis un article pour “demain ” mais les lendemains se font parfois attendre !
La liberté est relative, nous fait comprendre Lévi-Strauss dans le chapitre “contrainte et liberté” de Regard éloigné.
Au regard de la déclaration internationale des droits de l’homme, certaines situations ne prennent pas le même sens ou paraissent même dépourvues de sens ; ainsi il écrit: “Passer sous le régime du travail forcé, de l’alimentation rationnée et de la pensée dirigée pourrait même apparaître comme une libération à des gens privés de tout, puisque ce serait pour eux le moyen historique d’obtenir du travail rémunéré, de manger à leur faim, et d’ouvrir leur horizon intellectuel à des problèmes qui leur soient communs avec d’autres hommes.”
On le perçoit, des populations peuvent attendre bien autre chose que la définition qu’on voudrait leur expliquer.
Mais Lévi-Strauss va plus loin : il dévie le regard en passant du simple habitant de quelque part en le focalisant à la fois sur le dirigeant et l’adhérent à une cause, à un régime, à une manière de gouverner :
“De même, les adhérents à l’idéologie d’un état totalitaire peuvent se sentir libres, quand ils pensent et agissent comme la loi l’attend d’eux. Montesqieu n’avait pas prévu que la vertu , ressort des régimes démocratiques, peut être inculquée à un peuple, dans le laps d’une génération, par des procédés de dressage…”
On le voit bien, à l’échelon de nos pays, de nos villes ou même de villages, les procédés pour inculquer sont nombreux et variés et parfois il ne faut pas une génération pour que les habitants avalent les fausses libertés pour des vraies !
“La notion de vertu est équivoque”, écrit-il et il poursuit “Aujourd’hui seulement et forts de l’expérience de ce dernier demi-siècle, pouvons-nous
comprendre qu’elle (la vertu) trace une voie particulièrement étroite entre le fanatisme spontané d’un côté, la pensée dirigée de l’autre.”
A méditer dans chaque chemin de nos villes et de nos campagnes !
Claude Lévi-Strauss, différence et liberté
Le grand Lévi-Strauss est décédé le 30 octobre dernier. Un grand monsieur âgé ; surtout un expérimenté des cultures diverses, un chercheur, un savant méthodique. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai regardé l’émission sur Arte ce mercredi 4 novembre 2009. Avec quelle clarté et méthode, il faisait découvrir à partir de portées musicales la nécessité de lire transversalement, verticalement les indices pour enfin atteindre le sens des signes ainsi inscrit dans les “petites histoires” racontées par les “tribus” que nous sommes. Toujours avec cet esprit amusé, jouant de phrases enchâssées, il projetait sa réponse argumentée après des détours de description et de méthode, le tout posé calmement et recouvrant deux dimensions que d’aucuns pensaient contradictoires : la raison et la sensibilité.
On a beaucoup parlé de “Tristes Tropiques”; le monde du jeudi 5 novembre fait référence “Au regard éloigné”; j’ai aimé cet ouvrage et si j’en fais référence aujourd’hui, c”est qu’il fait en quelque sorte l’éloge de la diversité. “L’autre s’il est différent n’est pas inférieur”, une belle phrase à méditer pour nous tous, citoyens, gouvernants, élus( petits et grands ) et non élus , chacun de sa place et de sa responsabilité. Et il cite ” le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie.”
Lévi-Strauss a aussi écrit par rapport “au caractère relatif de la liberté” . Je reprendrai demain quelques lignes de ce maître extraites de “le regard éloigné”paru en 1983 chez Plon.
Association des écrivains bretons : auteur, écrivain, quel but et quel chemin?
- réception à la mairie de quimper
Il y a de cela quelques semaines ; c’était à Quimper : une ième assemblée générale, dans une très belle salle de la médiathèque installée dans l’ancienne demeure des Ursulines ; tout un grand édifice de vieilles pierres sur lequel l’architecte (ou les) a conçu de poser une paroi de verre bullée; un beau mariage de matériaux bruts presque opposés dans leurs aspects. Une richesse née de la combinaison de différences, un contraire de l’homogénéité. L’assemblée générale des écrivains bretons,( oui j’y viens après ce clin d’oeil à de l’actualité !) , y a donc siégé le 17 octobre dernier. Une réunion riche en questionnements sur le positionnement de chacun, sur les déclarations de l’association par rapport à son engagement culturel et sur l’éternelle mais difficile question “qu’est-ce qu’un écrivain breton?
De grandes questions : j’ai déjà répondu en partie à la dernière question sur le site de l’association des écrivains bretons.
Avant d’adhérer, je ne savais pas que j’étais écrivain ; auteur de quelque chose, oui certainement comme toute personne qui s’autorise à réaliser quelque chose, une forme d’autorisation personnelle à entreprendre. Et quand devient-on écrivain ? Ecrire au quotidien donne-t-il la prétention de l’être ? Surtout pas ! Alors où et quand se situe le passage de l’un à l’autre ? Au final, c’est sans doute le lecteur, heureusement, qui peut renvoyer cette image. L’auteur veut faire partager le réel par l’écriture, le rendre lisible, compréhensible même en y ajoutant du romanesque ou en créant de la fiction. Et après le lecteur se l’approprie et vous renvoie parfois directement souvent indirectement ce que vous êtes, pour le meilleur et pour le pire !
Oui le 17 octobre, j’étais à Quimper à l’assemblée des écrivains bretons comme un auteur parmi les grands …Même Julien Gracq a été cité. Alors la route est longue, mais on dit bien souvent que le but est important et pourtant n’est-ce pas surtout le chemin qui compte !!!
Etranger et table d’hôte
Vous aurez lu les déclarations d’un élu de ma commune, Loudéac, vous pourrez lire quelques lignes dans le canard enchaîné. Je ne rajouterai rien en termes de commentaires. Je citerai seulement quelques lignes d’un auteur, chanteur, troubadour de notre Bretagne centrale, vous avez compris qu’il s’agit de Glenmor :
“Etranger amarre ici ta galère
les vivants pardonnent les morts sont amis
d’outre monde s’évident sur la terre
haines et rancoeurs les temps ont fui
étranger demain si la bonté se fait nôtre
au terme les blés seront engrangés
le pain sera blanc à la table d’hôtes
passant demeure ici pour le partager…”
Migration bretonne
Récemment, je lisais dans un quotidien qu’un historien allait étudier les mouvements de migration à partir de la Bretagne. Il était sous entendu qu’aucune recherche dans ce domaine n’avait été réalisée.
Les migrations ont été importantes vers cette région en provenance de la Grande Bretagne vers ce qui était alors la Gaule armoricaine. Joseph Loth en a étudié l’histoire. Ces migrations vont avoir pour effet de donner naissance à la petite Bretagne, de modifier les langues à l’interne suivant l’origine des immigrants.
Aujourd’hui je désire mettre l’accent sur le mouvement inverse, c’est à dire l’émigration qui a touché la région aux deux derniers siècles. Les conditions économiques ont déterminé un exode vers la région parisienne mais aussi vers les îles, le canada plus tard et bien ailleurs . Des recherches ont été menées et ont abouti à des études exhaustives.
Je voudrais citer ici l’abbé Elie Gautier et quelques-uns de ses ouvrages :
“Un siècle d’indigence” paru en 1950 ; une étude menée sur le département appelé à cette date “Les côtes du nord”.
“L’émigration bretonne , Où vont les bretons émigrants, leurs conditions de vie , avec une préface de M. Louis Chevalier Professeur au Collège de France, publié en 1953
A ma connaissance ces livres ne sont plus publiés mais je sais qu’un grand nombre d’exemplaires est disponible et ces ouvrages mériteraient d’être connus.
Migration : petites migrations et grands effets
Je poursuis ma réflexion sur les migrations, objet d’un article précédent.
Le terme migration sous-tend un déplacement.
Souvent, il est question de migration d’un territoire à un autre. Actuellement, il est surtout question de migration d’un pays à un autre alors que les migrations peuvent se réaliser à l’échelle de régions, de villes entre elles, d’un département à un autre, d’une région “pôle d’attraction” à une région que l’on promeut comme attractive(zone franche) ; il faut aussi regarder ces mouvements.
Elle a eu lieu des campagnes vers les villes lorsque les économies rurales ont été mises à mal. Elles ont aussi montré un sens inverse quand des citadins ont voulu acquérir des maisons hors lotissement pour une découverte du bien-être de la campagne remise au goût du jour. La migration vers les campagnes existe aussi lorsque le prix des terrains à bâtir en ville repousse les familles les plus modestes à la périphérie des villes en cercles concentriques de rassemblements familiaux de moins en moins favorisés, provoquant aussi du même coup un alourdissement des charges chez les ménages concernés, une ghettoïsation des populations et des besoins nouveaux en termes d’aménagement du territoire.
La question est sans doute sérieuse puisque régulièrement elle soulève le problème de la destination des territoires concernés : vocation agricole, urbanisation, zones industrielles ? Constructions horizontales ou aménagement vertical ? Non seulement, l’affectation des territoires doit être pensée mais elle doit être raisonnée de manière systémique en mesurant les incidences sur le coût des charges communales ou intercommunales mais aussi sur la politique éducative (écoles, garderies, centres d’accueil, transports, dispositifs mettant la culture à proximité des habitants). Elle doit être raisonnée également en termes d’aménagement d’accès : va-t-on privilégier les routes, l’accès bus, les pistes cyclables, va-t-on conjuguer les différentes possibilités ou privilégier un accès plutôt qu’un autre. Et surtout, quels sont les aménagements ou dispositifs à retenir en priorité pour asseoir une cohésion sociale dans un espace.
Dès lors, à partir du moment où l’on veut établir diffférentes hypothèses(le veut-on?) et les mettre en fonctionnement pour mesurer les incidences dans l’espace et le temps, on constate immédiatement que les migrations même à l’échelle d’une ville méritent une réflexion élargie. Alors quand un lotissement est programmé dans un lieu, bien des questions sont évitées alors qu’elles pourraient contribuer à un aménagement territorial et sociétal important!
Salon du livre de Liffré : c’était hier
Pour un premier salon, tous les invités étaient unanimes : ce salon sentait bon le livre. Une réussite en somme. Tout d’abord l’accueil, eh! oui, les organisateurs avient même pensé à l’accueil dès votre arrivée sur le parking. Les tables bien installées, votre étiquette. S’il n’y avait que cela, c”est la matérialité du salon qui aurait dominé mais non: les visiteurs nombreux n’ont cessé de poser des questions, de vous interroger sur votre livre ou sur votre démarche. C’est rare mais quand nous avons vu et entendu Monsieur Boulé, aucun doute n’était plus permis. Il donnait la parole à tous les auteurs, aux visiteurs. Vraiment un agréable moment et en plus une réception amicale par la mairie dans la soirée. Chapeau bas monsieur Boulé et son équipe du théâtre vivant de Liffré qui a voulu donner un impact culturel fort dans sa commune.
Migrations : de plusieurs ordres
Après l’article d’hier, je voudrais vous entretenir de quelques réflexions. Tout d’abord il est important à mon avis de distinguer les migrations relatives à une trajectoire sur un domaine géographique de la trajectoire visée par la personne.
La migration géographique concerne tous les mouvements de population à l’échelle de la planète comme les déplacements d’une région à une autre, comme les déplacements d’une partie de ville à une autre . On voit ainsi que la connotation change suivant le référent retenu.
Tout d’abord, ce seront quelques réflexions touchant à la migration dans une ville et ses alentours. Dans un second temps, j’aborderai deux domaines qui sont relatés dans mon roman qui attend un éditeur : la migration vers un nouveau territoire et en l’occurrence entre deux départements dont les coutumes et les langues étaient dissemblables ; l’autre migration, qui est récurrente est la construction ou déconstruction de la personne humaine jusqu’à l’épanouissement, sa pleine réalisation. Cette dernière migration est alors un double mouvement d’extraction d’une peau pour s’habiller d’une autre.
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