Charles Le Quintrec et la nature
Vent d’étoiles ! Un recueil de nouvelles de Charles Le Quintrec publié en 1998 ; une couverture qui ne dit pas le style de l’écrit ; la couverture : des signes, des graphes de la couleur presque d’artifice.
Alors quand vous lisez les lignes qui batifolent sous les lèvres des personnages, vous vous rendez vite compte de quel côté se trouve l’auteur. Vivre et tant pis pour les accusations qui en découlent.
C’est le style qui surprend : le quotidien parle ; c’est la précision, la nature des mots, leur référence qui créent cet univers agreste, cet univers villageois, cet univers où s’opposent l’appartenance à un monde et son étrangeté.
La réflexion est au bout de ce parcours imagé, en bout de route, comme dans la dernière nouvelle de ce recueil : “les fourches”. Le récalcitrant retrouve l’initiative et sa liberté.
“Il arrivait que Léon aidât ses vieux amis à rentrer les nourrains et qu’il cassât du bois. D’un seul coup de hache, il éventre un rondin et si les souches résistent davantage, il n’en éprouve que plus de satisfaction à en venir à bout. Rebelles, les racines voltigent sous le hangar jusqu’à déranger quelque poule couveuse têtue sur son nid.”
Les mots de nature se renforcent encore quand les dialogues successifs, brefs et secs, viennent accélérer le rythme de la nouvelle :
“Tu vas me fermer ta gueule de fumier de saloperie de merde ! Dis, tu veux bien répéter ce que tu viens de dire à propos de la Gestapo ?…Ma parole, tu insultes la police, tu…
-Bon ! Bon ! C’est moi , oui c’est moi qui ai tué les Jouffroy ! “….


