Ecriposoph, le blog de Francis Lepioufle

romans, écriture, lectures, société

Salon du livre de Guérande, samedi et dimanche prochain

Samedi et dimanche prochain, je serai présent au  sixième salon du livre de Guérande. C’est un plaisir d ‘y retourner, l’accueil ayant été très agréable et chaleureux l’an passé.

Aussi, si vous passez par la Brière, venez faire un petit tour : cette année, le salon est particulièrement consacré aux pays nordiques.

Vous pourrez aussi rencontrer Mona Ozouf le samedi après-midi,  rencontrer d’autres écrivains de l’association des écrivains bretons et Solveig qui écrit beaucoup sur les pays du nord.

19 novembre 2009 Posté par francis lepioufle | lecture de livres, poésie, écriture | , , , , , | Pas encore de commentaires

Paris-Brest de Tanguy Viel

plage bretonne près de saint Jacut de la mer

Un roman aux éditions de minuit : une suspicion d’argent détourné, une fortune tardive obtenue par une grand-mère. Ce pourrait être un polar mais non ! C’est le trajet, Paris-Brest ou celui de Brest-Paris qui prend de l’importance, celui d’un départ pour échapper !

C’est surtout l’écriture que j’ai appréciée : un dialogue permanent sans guillemets entre le narrateur, un je et toujours un autre personnage. Avec une vivacité qui rend le roman alerte.

Juste un passage pour vous mettre le mot en bouche :

“Ainsi tu refuses de refermer la parenthèse, disaient les yeux de ma mère ce 20 décembre, mais un jour il faudra bien que tu te rendes à l’évidence, disaient encore les yeux de ma mère, il faudra bien que tu refermes la parenthèse et donc, suggérait-elle intérieurement, que tu reviennes. Dans dix ans, elle attendra encore ce jour où je reviendrai habiter avec eux. Mais ce jour n’arrivera jamais,  maman, tu m’entends.”  etc

18 novembre 2009 Posté par francis lepioufle | lecture de livres, poésie, écriture | , , , | Pas encore de commentaires

Lévi-Strauss et la liberté ! Encore!Dans nos villes et nos campagnes !

P1010378Je vous avais promis un article pour “demain ” mais les lendemains se font parfois attendre !

La liberté est relative, nous fait comprendre Lévi-Strauss dans le chapitre “contrainte et liberté” de Regard éloigné.

Au regard de la déclaration internationale des droits de l’homme, certaines situations ne prennent pas le même sens ou paraissent même  dépourvues de sens ; ainsi il écrit: “Passer sous le régime du travail forcé, de l’alimentation rationnée et de la pensée dirigée pourrait même apparaître comme une libération à des gens privés de tout, puisque ce serait pour eux le moyen historique d’obtenir du travail rémunéré, de manger à leur faim, et d’ouvrir leur horizon intellectuel à des problèmes qui leur soient communs avec d’autres hommes.”

On le perçoit, des populations peuvent attendre bien autre chose que la définition qu’on voudrait leur expliquer.

Mais Lévi-Strauss va plus loin : il dévie le regard en passant du simple habitant de quelque part en le focalisant à la fois sur le dirigeant et l’adhérent à une cause, à un régime, à une manière de gouverner :

“De même, les adhérents à l’idéologie d’un état totalitaire peuvent se sentir libres, quand ils pensent et agissent comme la loi l’attend d’eux. Montesqieu n’avait pas prévu que la vertu , ressort des régimes démocratiques, peut être inculquée à un peuple, dans le laps d’une génération, par des procédés de dressage…”

On le voit bien, à l’échelon de nos pays, de nos villes ou même de villages, les procédés pour inculquer sont nombreux et variés et parfois il ne faut pas une génération pour que les habitants avalent les fausses libertés pour des vraies !

“La notion de vertu est équivoque”, écrit-il et il poursuit “Aujourd’hui seulement et forts de l’expérience de ce dernier demi-siècle, pouvons-nous

comprendre qu’elle (la vertu) trace une voie particulièrement étroite entre le fanatisme spontané d’un côté, la pensée dirigée de l’autre.”

A méditer dans chaque chemin de nos villes et de nos campagnes !

15 novembre 2009 Posté par francis lepioufle | lecture de livres, politique, société | , , , | Pas encore de commentaires

Idée de Liberté chez Lévi-Strauss

P1010351Dans “Réflexions sur la liberté”, le dernier chapitre de “Regard éloigné” de Claude Lévi-Strauss, il est question d’un débat à l’assemblée nationale de l’époque concernant trois propositions de loi sur la ou les libertés. Dans ce chapitre Lévi-Strauss, opère la distinction majeure et tout à fait actuelle entre l’homme conme être moral ou comme être vivant. Dans la première alternative, il est question d’établir alors des règles où la sécurité est visée, règles que l’on rendra petit à petit “naturelles” alors que Lévi – Strauss pointe l’homme comme “partie prenante ” et non “maître de la création”.  A considérer ainsi l’être humain,”un nouveau prestige en résulterait pour notre pays”, écrit alors l’ethnologue.  Quelle leçon d’écologie !

 

6 novembre 2009 Posté par francis lepioufle | lecture de livres, politique, société | , , , | Pas encore de commentaires

Claude Lévi-Strauss, différence et liberté

P1010398Le grand Lévi-Strauss est décédé le 30 octobre dernier. Un grand monsieur âgé ; surtout un expérimenté des cultures diverses, un chercheur, un savant méthodique. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai regardé l’émission sur Arte ce mercredi  4 novembre 2009. Avec quelle clarté et méthode, il faisait découvrir à partir de portées musicales la nécessité de lire transversalement, verticalement les indices pour enfin atteindre le sens des signes ainsi inscrit dans les “petites histoires” racontées par les “tribus” que nous sommes. Toujours avec cet esprit amusé, jouant de phrases enchâssées, il projetait sa réponse argumentée après des détours de description et de méthode, le tout posé calmement et recouvrant deux dimensions que d’aucuns pensaient contradictoires : la raison et la sensibilité.

On a beaucoup parlé de “Tristes Tropiques”; le monde du jeudi 5 novembre fait référence “Au regard éloigné”; j’ai aimé cet ouvrage et si j’en fais référence aujourd’hui, c”est qu’il fait en quelque sorte l’éloge de la diversité. “L’autre s’il est différent n’est pas inférieur”, une belle phrase à méditer pour nous tous, citoyens, gouvernants, élus( petits et grands ) et non élus , chacun de sa place et de sa responsabilité. Et il cite ” le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie.”

Lévi-Strauss a aussi écrit par rapport  “au caractère relatif de la liberté” . Je reprendrai demain quelques lignes de ce maître extraites de “le regard éloigné”paru en 1983 chez Plon.

5 novembre 2009 Posté par francis lepioufle | lecture de livres, politique, société, écriture | , , , , , | Pas encore de commentaires

Association des écrivains bretons : auteur, écrivain, quel but et quel chemin?

Il y a de cela quelques semaines ; c’était à Quimper : une ième assemblée générale, dans une très belle salle de la médiathèque installée dans l’ancienne demeure des Ursulines ; tout un grand édifice de vieilles pierres sur lequel l’architecte (ou les) a conçu de poser une paroi de verre bullée; un beau mariage de matériaux bruts presque opposés dans leurs aspects. Une richesse née de la combinaison de différences, un contraire de l’homogénéité. L’assemblée générale des écrivains bretons,( oui j’y viens après ce clin d’oeil à de l’actualité !) , y  a donc   siégé le 17 octobre dernier. Une réunion riche en questionnements sur le positionnement de chacun, sur les déclarations de l’association par rapport  à son engagement culturel et sur l’éternelle mais difficile question “qu’est-ce qu’un écrivain breton?

De grandes questions : j’ai déjà répondu en partie à la dernière question sur le site de l’association des écrivains bretons.

Avant d’adhérer, je ne savais pas que j’étais écrivain ; auteur de quelque chose, oui certainement comme toute personne qui s’autorise à réaliser quelque chose, une forme d’autorisation personnelle à entreprendre. Et quand devient-on écrivain ? Ecrire au quotidien donne-t-il la prétention de l’être ? Surtout pas ! Alors où et quand se situe le passage  de l’un à l’autre ? Au final, c’est sans doute le lecteur, heureusement, qui peut renvoyer cette image. L’auteur veut faire partager le réel par l’écriture, le rendre lisible, compréhensible même en y ajoutant du romanesque ou en créant de la fiction. Et après le lecteur se l’approprie et vous renvoie parfois directement souvent indirectement ce que vous êtes, pour le meilleur et pour le pire !

Oui le 17 octobre, j’étais à Quimper à l’assemblée des écrivains bretons comme un auteur parmi les grands …Même Julien Gracq  a été cité. Alors la route est longue, mais on dit bien souvent que le but est important  et pourtant n’est-ce pas surtout le chemin qui compte !!!

2 novembre 2009 Posté par francis lepioufle | lecture de livres, écriture | , , , , , , | Un commentaire