Le printemps
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Le printemps est comme son nom laisse le supposer un temps premier. S’il est d’abord attribué à la nature, c’est du fait de nos origines rurales pour la majorité des populations. Ce mot résonne encore comme le renouveau des plantes, des arbres… Pourtant un grand nombre de personnes dans les villes perd le contact avec les éléments de la nature et le mot printemps est lié à d’autres événements ; il recouvre pourtant le sens de renouveau.
N’était-ce pas le sens du printemps de Bourges au sens culturel?
N’oublions pas qu’il y eut le printemps de Prague ! Le printemps de Paris en mai 1968 ! En 1995 !
Et chaque jour peut être un printemps s’il révèle en chacun de nous, en notre système social et économique une possibilité de création à partir de nos potentialités respectives. Certains l’appellent entreprise, d’autres la nomment art, et d’autres encore la pratiquent comme politique.
Aujourd’hui que l’industrie est mise à mal, que nos systèmes vacillent, il est l’heure de penser au printemps en termes de renouveau des modes de pensée et de pratiques à tous les niveaux. Une question me semble essentielle : au service de qui ou de quoi devons-nous fonctionner?
L’éducation oui mais pas en dépendance
L’éducation est un vecteur de développement, qu’il s’agisse de l’éducation première, de la seconde ou de la formation humaine ou professionnelle. Où s’inscrit la force de l’éducation? La première qui ressemble à de l’élevage au départ n’en est pas moins importante car sans échange, le principal atout ne se développe pas : il s’agit du langage et par là-même la pensée. Certains parlent de l’éducation parentale et puis de l’école maternelle au sens où elle recouvre encore le lien maternel en quelque sorte. Le second temps appelé bien souvent école primaire recouvre deux termes : école pour “une forme de “loisirs” et primaire pour désigner une école qui dispenserait des savoirs pratiques pour le peuple en opposition à l’école secondaire qui était destinée à la bourgeoisie et à la noblesse pour des savoirs moins pratiques mais plus “lettrés”. Aujourd’hui , les choses ont changé mais les racines demeurent. La formation aux humanités ou scientifique ou professionnelle était encore récemment réservée aux classes aisées et la formation professionnelle l’était par un maître d’apprentissage. C’est en 1968 alors qu’une réforme voulait limiter l’accès aux universités que le ministre Edgar FAURE proposa une poursuite de la démocratisation de l’université.
Où vais-je en venir? C’est justement au point qui qualifie notre système : le fait de créer des écoles publiques a permis de se distancier des familles et donc du versant communautaire.Le collège et le lycée apportant des disciplines dont le contenu va a contrario des idées familiales permet de modifier les esprits dans un sens plus universel. Les instituts professionnels et les écoles d’ingénieurs ont permis de se distancier d’un maître d’apprentissage omnipotent. Que remarque -t-on à chaque fois? Il existe une prise de distance d’avec ses pairs ou proches et n’est-ce pas là la condition première d’un développement et d’un épanouissement individuel ?
C’est pour cette raison que l’école ne se confond pas avec les parents car elle permet cette mise à distance ; faut-il le rappeler ? le sens même d’éduquer est de sortir de soi ; en conséquence, les parents sont les premiers éleveurs mais ils ne peuvent pas être les meilleurs éducateurs car on se trouve dans le quant à soi et donc dans une situation où l’ouverture fait défaut.
A une époque de développement des communautarismes, il est important de souligner cela ; sinon, ce serait un retour à des groupes sociaux figés et l’on quitterait alors le qualificatif de société car l’individu n’existerait pas en tant que tel avec sa liberté mais il serait soumis au poids de son propre groupe.
Shakespeare : quel profil ?
Je vous fais partager cet article de Virginie Malingre paru au journal électronique d’hier. Et je vous laisse apprécier.
Shakespeare tel qu’on se l’imagine
Certes, l’Anglais le plus célèbre a bel et bien existé. Mais ressemblait-il vraiment au tableau qui vient d’être découvert ? Le mystère reste entier
Hamlet : devoir, honneur, compassion et intérêt général ; un auteur actuel ce shakespeare !
Quelle leçon pour un prince du Danemark donc un élu en quelque sorte de notre temps ! A-t-il éprouvé cette compassion dont parleraient certains élus actuellement devant des évènements ? Non et la compassion n’est pas une valeur si elle est pitié car elle est alors condescendante et avilit celui pour lequel on peut l’éprouver. Il faut montrer beaucoup de détachement de soi pour parvenir à la compassion. Hamlet fait aussi comprendre aux hommes que le devoir d’Etat est d’un intérêt supérieur à celui de l’émotion. Quelle actualité ! Combien d’hommes et de femmes publics réagissent davantage avec l’émotion alors qu’ils devraient agir selon le devoir de l’intérêt général et avec honneur.
Quatre cents ans plus tard, nous sommes encore à apprendre ! Enfin certains plus que d’autres !
Hamlet, que de sens!
Je viens de lire HAMLET. J’aurais pu dire relire mais je ne mentirai pas : une lecture d’extraits n’est pas une lecture véritable. Est-ce faute de temps ou par manque d’intérêt ou par impression d’inaccessibilité que je n’avais pas lu en entier cette oeuvre. Je me le demande encore et cette interrogation rejoint certainement les constats et les interrogations posées par Eric Bertrand et ses lecteurs : comment faire pour qu’un lecteur jeune dans une structure scolaire puisse accéder pleinement à une oeuvre littéraire, qu’il en prenne un sens. J e n’ai pas dit comprendre un sens car n’y a -t-il qu’une interprétation possible ? La difficulté de l’enseigner doit être multiple et elle s’accroît encore lorsque la notation devient plus essentielle que le sens compris de l’oeuvre ou que ce qui resterait à comprendre. La note vient alors figer en glace pour un temps ce qui aurait pu être une élévation de soi.
Bien sûr le contexte est différent de celui d’aujourd’hui et il faut rentrer dedans pour bien comprendre les enjeux. Quand on sait bien qu’il est question du pouvoir royal au Danemark, on peut plus aisément situer les droits et devoirs des personnages. L’amour, le pouvoir et l’honneur peuvent être alors perçus suivant les valeurs de morale et de devoir qui y sont attachées. Est-ce aisé à saisir, peut-être pas ! on peut comprendre que le père d’Hamlet est mort ; mais bientôt son fantôme (véritable ou imaginaire?) vient dénoncer le crime réalisé par son frère et son mariage avec Gertrude la veuve. Et voici le scénario de la vengeance qui s’écrit. Hamlet devient-il fou ou feint-il de l’être ? Amoureux de Ophélie, il va bientôt l’éconduire. Est-ce par devoir ou par folie là encore ?
Envoyé vers l’Angleterre par le roi régicide pour être tué, Hamlet bâtit un stratagème pour un retour vengeur ; on perçoit sa future réussite mais il succombe à un péché d’orgueil qui va le mener à un combat truqué à moins que ce soit par honneur sachant alors pertinemment que sa vie ne compte plus mais seulement le devoir à accomplir. Effectivement, Hamlet va venger son père mais va succomber comme les autres principaux personnages sous le poids de l’amour trahi ou sous l’effet d’une boisson empoisonnée ou encore sous le fil de l’épée. Pour chacun d’eux, c’est tout de même l’honneur trahi!
Une tragédie !
Mais un vrai polar en somme ! Une vraie abnégation de soi pour le devoir mais lequel ! Remplaçons devoir par argent ! Tiens cela ne fonctionnerait-il pas au niveau des hommes comme des sociétés d’individus ou marchandes ? Mais ce serait intéressant de voir ce qui diffère !
internaute, blogueur, droit d’auteur et interdits
Voilà un moment que la bataille dure autour du sujet “droit d’auteur, téléchargement et punition”. Le projet initial a subi des revers. On a vu se profiler les menaces en tous genres et la lourde punition fiscale à l’encontre des internautes téléchargeurs ; il a été question de rechercher d’autres voies de rémunération du droit d’auteur ; il y a eu débat autour de la liberté d’expression et de la propriété intellectuelle. Il a eu lieu et actuellement les orientations prises allaient dans le sens d’une répression des internautes téléchargeurs.
Le Sénat a voté pour, j’allais dire bien sûr …Au vu de l’âge de ses membres, deux choses me paraissent à retenir : d’une part une précaution et une forme de sagesse acquises au fil des ans et au fil de l’expérience d’élu, celle qui vise à protéger la propriété, ce grand principe fondamental de notre République. D’autre part, la moyenne d’âge devient un frein extraordinaire : la rupture numérique est bien là . Comment se prononcer quand on cherche le mulot sous la table !
Le projet est donc revenu à l’Assemblée ; et , là, nous avons assisté à une modification des premiers votes. Un problème est posé : si un internaute est puni et donc coupé de ses liens, il ne peut plus regarder la télé, procéder à sa déclaration d’impôts et de plus la loi proposée va à l’encontre des propositions européennes.
Alors ?
Quel est le problème ? Effectivement, le droit d’auteur doit être protégé mais la règlementation doit sans doute être modifiée. On ne parle pas du petit droit d’auteur mais il s’agit la plupart du temps des droits des grandes maisons de disques, celles qui ont préféré à tort sans doute la continuité de la matérialité du disque et du CD à la dématérialisation . Oui, une disposition doit être créée pour permettre la création et pas seulement en direction des grands groupes mais aussi et surtout des petits créateurs ; sans subsides il ne peut pas exister de renouvellement de créations.
Pourquoi n’a -ton pas retenu l’idée d’une taxe sur chaque appareil d’enregistrement, de copie;;;? Les techniciens de l’informatique devraient trouver un moyen de comptabiliser les accès aux différentes oeuvres assez aisément.
Je posais à l’instant la question du problème c’est à dire de sa nature et de sa localisation ; je devrais ajouter celui de l’intention à vouloir mettre le problème là où il n’est pas.
Qui n’a pas téléchargé ? Je l’ai fait, peu mais je l’ai tout de même réalisé. La technique permet de faire vite et bien ce que par d’autres biais l’on peut réaliser lentement et mal. Faut-il tuer la technique? je n’ai pas vu beaucoup de monde copier des livres à l’encrier alors que la photocopie permet légalement une reproduction pour une utilisation immédiate.
L’utilisation de techniques développées est nettement plus en usage chez les jeunes de 18-25 ans que chez le reste de la population ; je vous renvoie à l’étude sondage (http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/2748.asp). Le “tout sécurité” l’emporterait-il encore une fois. Quand les grandes mutations sociétales naissent, leurs dirigeants, parfois trop en décalage (d’âge et technologique) s’en prennent régulièrement à la jeunesse et à leurs idées émergentes.
Ne serait-ce pas finalement deux choses qui seraient visées:
La prétention à pouvoir disposer gratuitement de biens ; va-t-on vers une réduction de notre société marchande au profit d’une société gratuite pour certains biens ?
La capacité à s’exprimer librement; le maillage des réseaux étant facile, la surveillance des internautes paraît possible : pas de policier dans les rues , tous devant les écrans.(Je vous renvoie là à Foucault “surveiller et punir” un livre toujours d’actualité)
Le danger serait aussi très grand alors de fracturer sa population suivant les âges.
Au delà de la protection du droit d’auteur se profile donc le mode de société permise, les modes de liberté autorisée…
Classes moyennes,salaire moyen, salaire médian, des précisions : “Le lourd désenchantement des classes moyennes” par Michel Noblecourt
Vous êtes nombreux à venir consulter les articles relatifs à la classe moyenne, au salaire moyen et au salaire médian.
Comme vous, je recherchais encore d’autres éléments qui viendraient préciser la donne actuelle. “LE MONDE”, le journal du samedi 7 mars apporte des précisions sous la plume de Michel Noblecourt qui déchiffre et analyse une étude du CREDOC.
Vous y lirez comme moi la progression des inégalités et tout ce qu’elle recouvre en ces temps de crise.
Le lourd désenchantement des classes moyennes, par Michel Noblecourt
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Ala faveur de la crise, Nicolas Sarkozy a redécouvert les classes moyennes. Dans le second collectif budgétaire pour l’année 2009, qui va être soumis au Parlement, le président de la République a fait inscrire une réduction des deux tiers de l’impôt sur le revenu pour environ 6 millions de ménages. Cette soudaine attention pour une catégorie dont le vote sera décisif à l’élection présidentielle de 2012 intervient au moment où une étude du Credoc (Consommation et modes de vie, n° 219, mars 2009) confirme le “désenchantement” de ces classes moyennes, qui ont subi plus douloureusement que d’autres un ralentissement de la croissance, qui a accru les inégalités.
Pour le Credoc, les classes moyennes rassemblent 50 % de la population ; elles gagnent entre 1 120 et 2 600 euros par mois avant impôt ; 30 % de cette catégorie diposant d’un revenu mensuel se situant en dessous de 1 750 euros pour une personne seule constituent les classes moyennes inférieures, coeur de cible de M. Sarkozy. Au-dessus, les catégories aisées représentent 10 % de la population et les hauts revenus 10 %. Au-dessous, 20 % sont dites “modestes” et 10 % (moins de 780 euros par mois) “pauvres”.
L’étude du Credoc réalisée par Régis Bigot évite le catastrophisme. Elle récuse ainsi l’idée d’une “paupérisation” - même si nombre d’indicateurs vont dans le sens d’un appauvrissement – en soulignant que, sur les trente dernières années, le pouvoir d’achat a progressé – de 83 % entre 1970 et 2004 -, au point que le niveau de vie de cette catégorie a presque doublé. Mieux : à l’opposé du déclin observé aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, les classes moyennes se sont développées, passant de 47,9 % de la population en 1981 à 52,1 % en 2000.
“Sous pression”, selon la formule du Credoc, les classes moyennes connaissent pourtant un lourd désenchantement qui tient en un chiffre : une personne sur deux vit, une fois que ses impôts ont été payés, avec 1 467 euros par mois. Sur cette somme, 38 % (21 % en 1979) sont consacrés aux “dépenses contraintes” (loyer et charges, eau, gaz, électricité, téléphone, assurances), et d’autres frais incontournables, comme l’alimentation, le transport, l’éducation et la santé, représentent en moyenne 615 euros. Une fois ces prélèvements effectués, il ne reste, selon le Credoc, que 294 euros par mois pour les loisirs, les vacances, l’habillement, l’équipement et, si cette marge étroite le permet, l’épargne…
Conséquence : en 2008, parmi ces classes moyennes ayant un “budget médian”, 48 % ne sont pas partis en vacances, 37 % se sont privés de cinéma et, précise encore le Credoc, “34 % n’ont pas de voiture, 50 % n’ont pas accès à Internet à domicile, 40 % n’ont pas de produit d’épargne liquide”.
En comparaison, entre 1979 et 2005, le poids des “dépenses contraintes” est passé de 19 % à 29 % pour les catégories aisées et de 24 % à 48 % pour les catégories pauvres. Une fois réglées les dépenses incompressibles, il reste aux 10 % les plus riches 1 474 euros par mois – soit l’équivalent du “budget médian” d’une personne appartenant à la classe moyenne – pour les vacances, l’habillement, l’équipement ménager et l’épargne. Quant aux 10 % les plus pauvres, ils gardent en poche 80 euros…
Avec la sévère récession qui s’annonce pour 2009, la pire depuis la Libération, les classes moyennes et les revenus modestes vont figurer au premier rang des victimes de la crise. Le regain d’inflation en 2007 et 2008 a “sans doute joué un rôle déterminant dans l’impression de perte de pouvoir d’achat des classes moyennes”.
L’envolée du pétrole, le renchérissement des denrées alimentaires et la hausse soutenue des loyers (+ 3,4 % par an durant les vingt dernières années) ont durement pénalisé les classes moyennes et les couches populaires, parce qu’elles consacrent une part “proportionnellement plus importante dans leur budget” aux dépenses de logement, d’alimentation et d’énergie. En revanche, selon le Credoc, seules les catégories aisées – qui ont “davantage bénéficié des baisses d’impôt direct ces dernières années” – “semblent avoir été épargnées par l’inflation récente”.
Le temps des restrictions semble s’imposer avec une force comparable à celle de la progression des inégalités. Selon le Credoc, en 2008, 72 % des classes moyennes “inférieures” “déclarent devoir s’imposer régulièrement des restrictions sur certains postes de leur budget”, contre 64 % en 1980. Pour les catégories modestes, le pourcentage passe de 71 % à 80 % et, pour les catégories pauvres, il est quasiment stable (de 73 % à 75 %). A l’opposé, les titulaires de hauts revenus ne sont que 29 % à s’imposer des restrictions, contre 40 % en 1980. Depuis trente ans, l’amélioration générale du confort des habitations explique aussi la hausse du coût du logement.
Autre signal inquiétant que souligne le Credoc : “l’éloignement de la perspective d’une ascension sociale”. En prenant en compte le rythme actuel de hausse du pouvoir d’achat, il faudra trente-deux années aux classes moyennes pour “atteindre le niveau de vie des catégories aisées”. Dans les années 1960, au temps des “trente glorieuses”, la perspective pour espérer le seuil du dessus était de onze années. L’ascenseur social reste en panne. Et la crise risque de sinistrer davantage ce paysage, rendant les inégalités plus douloureuses.
Courriel : noblecourt@lemonde.fr.
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