Argent et roman: les sources sont-elles virtuelles?
Dans la conversation -toute virtuelle- que j’ai eue avec Edmond(un inconnu bien sûr), les propos qu’il m’a tenus se vérifient au jour le jour. Vous me direz, que je conversais avec rien, que ce n’était que des mots, mais des personnages très importants nous parlent de “Joe le plombier” , qui semble-t-il est un personnage encore plus virtuel que le mien. Le tout est de savoir ce qu’ils véhiculent, ces objets virtuels médiatisés : une forme de dialogue avec un tout un chacun, une entrée des problèmes quotidiens dans les réflexions ? Alors, les fonds, vous vous en souvenez, les milliards de dollars -qui sont un problème ou une solution cela dépend du point de vue selon lequel on se place-que l’on crée par les mots et les rencontres avant même qu’ils n’existent, eh bien vous entendez maintenant sur différents médias qu’ils n’existeront qu’après conversion en obligations ou autres achetées par un tiers. Vous comprenez comme moi alors que l’argent n’a pas de source mais qu’il est les traces d’étoiles filantes, nos étoiles(politiques et financières) qui filent à toute vitesse autour de la planète en essayant de tisser de nouvelles toiles où les obligations et autres titrisations vont trouver preneurs, peut-être, peut-être !!!!!!!
La virtualité des titrisations pourrait bien avoir comme limite la valeur des actifs des emprunteurs.
Pagnol rit peut-être dans sa tombe actuellement ; pensons à Manon des sources, à cette source qui allait permettre richesse. La potentialité de bien être existait mais le bien réel dissimulé et caché n’a apporté que malheur chez les “belligérants”.
La grande différence entre les sources de l’argent et celle de l’eau dans le roman, c’est quand même l’état virtuel de l’une dans l’écriture avant sa traduction réelle dans l’économie et pour le roman c’est l’état vrai dans son écriture même sans traduction dans le réel économique. C’est en cela que le roman peut exprimer davantage que la réalité au quotidien.
Des mots, toujours des mots à la source de mes propos ; de la virtualité alors?
L’argent : la crise financière, un écran de fumée ?
Je poursuis le débat entamé hier mais j’ai trouvé quelqu’un de sensé, je crois, à qui poser les questions en espérant avoir des réponses
“-Bonjour Edmond, dis donc t’as vu, ça descend !
-Quoi?
-Eh! bien le cac !
-Ah bon! Eh il va remonter ?
-Y a aussi le Nasdaq, il baisse aussi!
-Ah et lui il va remonter ?
-Mais, tu n’as pas suivi , tu ne vois pas que ça plonge ?
-J’ai remarqué effectivement que les bourses commencent leur carrière de plongeon, il est temps qu’elles se préparent pour gagner une médaille aux jeux olympiques prochains !
-Mais tu n’as pas compris, tu ne vois pas que les banques n’ont plus d’argent ?
-Ah bon, je croyais que c’était là qu’il y en avait lorsque nous on n’en avait plus !!
-Ya plus de fric dans les banques !
-Ah et celui que les riches ont déposé et celui que mon voisin pauvre met tous les mois sur son livret, il n’est plus là non plus ?
-Mais tu ne comprends pas, ton argent, ton porte feuille c’est des dépôts ; avant, les banques servaient de relais entre les placeurs et les emprunteurs mais depuis les années 80, les banques se placent sur les marchés.
-Elles achètent et vendent comme on achète et vend des légumes sur le marché, alors?
-Oui c’est un peu ça, on vend même si on n’a pas les légumes ?
-On ne peut pas vendre si on n’a rien ?
-je vois que tu commences à comprendre ; avant on prêtait ce que l’on avait en dépôt maintenant on achète des titres d’après un prix pour le vendre plus cher !
-On spécule en fait
-Je vois que tu comprends mieux
-Mais alors, on peut alors acheter des titres à une valeur qui ne correspond pas à une réalité matérielle !!!
-Bien
-Est-ce que l’on peut acheter quelque chose qui n’existerait pas encore et même le vendre à un certain prix dès maintenant ?
-oui, certains peuvent même vendre du blé maintenant à un certain prix avant qu’il ne soit semé ?
-Eh oui, ils appellent cela le marché à terme je crois!
-Les autres achètent alors un bien qui n’existe pas
-Eh oui !
-Mais dis-moi, les grandes banques , elles ont beaucoup de biens véritables ou que des légumes achetés à terme ?
-Eh non, ce sont les banques qui sont allées le moins sur les marchés financiers, celles qui sont restées sur le principe de dépôt qui ont des garanties, les autres n’en ont aucune !
-Mais j’ai entendu dire que les états garantissaient l’argent qui était dans les banques, comment procèdent-ils alors pour avoir de l’argent car on dit partout que les états n’ont plus de fric?
-Ils empruntent ou mieux, ils émettent des titres que des banques achètent en espérant faire un large bénéfice en les revendant plus tard
-Oui mais il faut bien une garantie, l’argent que les états a créé d’une certaine manière, il faut bien le rendre
-Ah je vois que tu commences à comprendre
-Les états n’ont effectivement pas l’argent mais en empruntant à d’autres banques, on crée l’argent qui ne sera détruit que lorsque il sera remboursé
-mais par qui ?
-Eh bien le contribuable remboursera une quote-part pour réduire tous les ans la facture !
-Donc en définitive , c’est le plus pauvre qui donne l’argent aux états pour rembourser l’argent aux banques même étrangères riches ou plus riches que les autres ?
-Oui, c’est le contribuable qui donne aux états ce qu’ils ont emprunté d’une certaine manière en émettant des titres.
-AH oui ! Mais alors ce sont les pauvres qui donnent de l’argent aux riches!
-Tu comprends vite
-Il y a une chose qui me soucie quand même !
-Quoi?
-E h bien , l’argent finalement, ce n’est que de l’écriture et il n’existe que si on l’émet en crédit
-C’est un peu ça
-Mais si les titres sont basés sur rien ou sur des promesses douteuses ?
-Alors, personne n’y voit rien jusqu’au moment où les emprunteurs ne peuvent pas rembourser alors c’est une réaction en chaîne et chaque somme engagée n’est plus crédible
-Tiens crédible ça ressemble à crédit
-Eh oui tout est basé sur le crédit que l’on porte à une chose, à une transaction
-C’est finalement la confiance en quelque chose
-Oui c’est comme la foi il faut croire
-Mais on ne croit pas longtemps en quelque chose qui n’a pas de correspondance réelle
-C’est ce que l’on disait depuis dix ans mais cela a fonctionné
-Mais alors, l’argent c’est comme la fumée ça va et ça vient mais on ne voit ni l’instant ni le lieu de sa disparition
-Eh bien voilà on y est, tu vois tu n’as pas mis longtemps à comprendre, l’argent c’est réel et puis c’est plus réel !!”
………
Sauf que moi, quand je vais acheter ma baguette de pain, on me demande toujours de l’argent et il faut bien que j’ai de la monnaie. La baguette est cuite au four réellement ; y a -t-il de la fumée ? je ne sais pas mais quand je vais la payer je ne dois pas sortir que de la fumée de mon porte-monnaie ; les boulangers n’aimeraient pas être payés en monnaie de singe !!!!!!!!!!!”
Les billets volent et il n’y aurait pas de voleur!!!
- Quelles nouvelles ! Depuis quelques jours particulièrement, l’affolement semble gagner la planète et moi qui ne comprends rien en ce domaine, je me suis mis (à tort sans doute ) à réfléchir : mais que se passe-t-il donc. Il paraîtrait que les billets et les pièces se sont mis à voler au-dessus de nos têtes et disparaissent dans leurs croisières autour de la terre ; personne ne semble savoir où se trouve le point de disparition : un nouveau triangle de bermudes. Les eaux sont devenues chaudes et surtout chacun semble se passer la patate chaude sans savoir si celle-ci a le mildiou ! Chacun se demande même s’il est prudent de vendre la patate chaude à l’autre banque car elle pourrait avoir la “vérole ” . Eh oui ! Le dernier terme a été prononcé sur les ondes par un économiste . Alors, me suis-je dit , si la banque a la vérole, c’est qu’elle est malade, il faudrait la soigner, utiliser le médicament approprié, faire une campagne auprès du milieu de la prostitution et l’on pourrait ainsi vaincre l’épidémie ; mais cela ne semble pas marcher. Les traitements ne seraient plus efficaces, on ne trouverait même pas les malades. Ils sont devenus des fantômes qui affolent les nuits de traders, des actionnaires.
Mais on se croirait en plein film fiction ! que se passe-t-il donc ?
Et chacun de nous de se demander si on va récupérer les maigres picaillons qui sont là, quelque part dans la banque, d’ailleurs, on ne sait pas où !!!
Mais assez de divagations ! Il s’agit d’argent !!!! Je serai donc sérieux demain !peut-être!
La contre-démocratie : extrait du livre de Rosanvallon
La page 20 de son livre contient à mon avis une présentation très claire de son argumentation ; je vous livre un extrait.
“Sous des modes multiples et changeants, la société civile n’a en effet jamais cessé d’exercer des formes d’inspection, de contrôle, d’expertise, de mise à l’épreuve par de multiples canaux. Ces pouvoirs se sont même considérablement développés. Si l’économie institutionnelle des démocraties représentatives n’a finalement subi aucune révolution majeure en deux siècles(en matière de conception de la représentation, d’exercice de la responsabilité, de rôle dévolu aux élections), ces pouvoirs de surveillance se sont quant à eux considérablement étoffés et diversifiés. Nous en étudierons successivement les trois modalités principales : la vigilance, la dénonciation, et la notation. Chacune contribue à encastrer la légitimité électorale dans la forme de légitimité sociale plus large que constitue le capital de réputation d’une personne ou d’un régime.”
Lisez et vous verrez qu’il s’agit d’un renversement de perspective !!
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