La littérature2 : pour qui?

Comme je vous l’annonçais hier, celui qui écrit peut écrire pour soi mais c’est aussi une manière de traduire le monde et l’auteur souhaite être lu par un autre.

Quel est cet autre? 

Il existe bien une littérature enfantine, une littérature plus spécialisée pour l’adolescence et une pour les adultes. Cela est un fait actuel. Mais cela n’a pas toujours existé: les catégories de l’enfance et de l’adolescence sont des créations récentes. La littérature a bien existé avant l’apparition de ces catégories socialement définies.

Rappelons qu’elle a été un vecteur de la foi quand la religion dominait notre société, quand la société communautaire laissait peu de place au développement de l’individu. Elle a été un moyen de sublimer les souffrances de l’ici-bas pour permettre de rêver d’un monde paradisiaque. C’était donc bien une traduction du monde. Cela est encore valable pour certaines personnes qui retrouvent là une sécurité physique et mentale à leur existence.

Du dieu créateur d’un monde bien défini et fini, il n’y avait qu’un pas à franchir, mais combien important, pour parvenir au créateur humain :c’était donc passer du Génie divin au génie de l’homme. Le pouvoir créatif devenait possible chez l’homme. Il est étroitement lié à sa libération de la tutelle communautaire. Un premier pas vers la modernité :l’homme peut expérimenter son chemin sans qu’il soit guidé par une instance supérieure. 

L’expression de l’auteur acquiert sa valeur par la lecture d’autrui : le lecteur et le critique. Le lecteur pour le plaisir de lire ou de senrichir et le critique pour un avis d’expert à donner. Et là, deux voies se sont souvent opposées: les lecteurs qui se sont appropriés la littérature dite alors populaire et les critiques valorisant ce qui ne l’était pas jusqu’à mettre en valeur toute une littérature formelle bien éloignée d’un monde à découvrir. Cela existe très certainement au vu des différentes options de la poésie et des romans présentés. 

L’une a-telle une plus grande valeur qu’une autre ? jJe n’en sais rien; elles sont sans doute nécessaires toutes les deux(ou plus) pour permettre les lectures variées des mondes.

 La question qui vient à l’esprit aussitôt est alors celle-ci : toute production est-elle de la littérature? 

Ellle renvoie automatiquement à la question du beau et à la définition de l’art. 

Tout un débat!!!à suivre !!

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