Entre les gouttes, le plaisir de la rencontre-dédicaces.

Samedi dernier, j’étais donc à Pontivy dans une ruelle du nom de “rue du fil”; un plaisir pour les passants de circuler entre les maisons anciennes à colombages. Et j’étais dans la librairie, la seule de la rue, la librairie de la Villa Seurat, celle que vous pouvez remarquer car c’est une vraie librairie : que des livres bien disposés couvrant les murs et une sorte de dressing central qui permet de circuler aisément à la recherche de l’ouvrage qui vous attend.

Les premiers rayons de soleil éclairant la rue, j’ai posé mon roman “les chevaux de la mémoire” sur une table et j’ai attendu… Le regard des passants devient transparent, et vous contourne sans même vous effleurer. J’aurais pu traverser le groupe et les murs comme le passe-muraille de Marcel Aymé ; personne ne m’aurait remarqué.

J’ai pensé alors qu’il fallait interroger le passant, l’intéresser, mais pas individuellement, pas pour le mettre en difficulté, pas pour l’assaillir, mais pour lui faire plaisir ; alors j’ai pris le livre et j’ai lu quelques extraits. Les passants se sont arrêtés, ils ont souri ou montré l’air grave, certains ont donné leurs ressentis, leur plaisir d’entendre les mots qui créaient un monde.

Mais un orage violent a vidé la rue, laissant le flot des grosses gouttes d’eau courir au creux de la rue et dévaler la pente.

Deux instants :

les mots qui courent sur la page laissant le flot des sons dans la rue vers des nouveaux amis et puis quelques secondes plus tard, c’est le flot de l’eau qui sonne le rappel dans les abris !

En fin d’après-midi, le soleil est réapparu et quelques passants se sont arrêtés. L’eau avait peut-être lavé ma transparence du début d’après-midi !

Bonne lecture à ceux qui se sont saisis de mon roman.

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