Je poursuis ma réflexion sur les migrations, objet d’un article précédent.
Le terme migration sous-tend un déplacement.
Souvent, il est question de migration d’un territoire à un autre. Actuellement, il est surtout question de migration d’un pays à un autre alors que les migrations peuvent se réaliser à l’échelle de régions, de villes entre elles, d’un département à un autre, d’une région “pôle d’attraction” à une région que l’on promeut comme attractive(zone franche) ; il faut aussi regarder ces mouvements.
Elle a eu lieu des campagnes vers les villes lorsque les économies rurales ont été mises à mal. Elles ont aussi montré un sens inverse quand des citadins ont voulu acquérir des maisons hors lotissement pour une découverte du bien-être de la campagne remise au goût du jour. La migration vers les campagnes existe aussi lorsque le prix des terrains à bâtir en ville repousse les familles les plus modestes à la périphérie des villes en cercles concentriques de rassemblements familiaux de moins en moins favorisés, provoquant aussi du même coup un alourdissement des charges chez les ménages concernés, une ghettoïsation des populations et des besoins nouveaux en termes d’aménagement du territoire.
La question est sans doute sérieuse puisque régulièrement elle soulève le problème de la destination des territoires concernés : vocation agricole, urbanisation, zones industrielles ? Constructions horizontales ou aménagement vertical ? Non seulement, l’affectation des territoires doit être pensée mais elle doit être raisonnée de manière systémique en mesurant les incidences sur le coût des charges communales ou intercommunales mais aussi sur la politique éducative (écoles, garderies, centres d’accueil, transports, dispositifs mettant la culture à proximité des habitants). Elle doit être raisonnée également en termes d’aménagement d’accès : va-t-on privilégier les routes, l’accès bus, les pistes cyclables, va-t-on conjuguer les différentes possibilités ou privilégier un accès plutôt qu’un autre. Et surtout, quels sont les aménagements ou dispositifs à retenir en priorité pour asseoir une cohésion sociale dans un espace.
Dès lors, à partir du moment où l’on veut établir diffférentes hypothèses(le veut-on?) et les mettre en fonctionnement pour mesurer les incidences dans l’espace et le temps, on constate immédiatement que les migrations même à l’échelle d’une ville méritent une réflexion élargie. Alors quand un lotissement est programmé dans un lieu, bien des questions sont évitées alors qu’elles pourraient contribuer à un aménagement territorial et sociétal important!
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